Je joue avec les outils d’IA depuis janvier 2023, soit environ deux mois après que ChatGPT a débarqué et explosé la tête de tout le monde. Je ne peux pas prétendre avoir été là dès le début, mais j’étais là assez tôt pour avoir senti le terrain se dérober sous mes pieds à plusieurs reprises depuis.

J’ai ressenti l’excitation de voir un modèle répondre à des questions et flirter avec le raisonnement, tout comme j’ai ressenti la déception de réaliser qu’il ne faisait que prédire le prochain mot avec une précision déconcertante. Les hauts et les bas de la génération d’images quand les modèles cherchaient encore leurs repères. Les lectures sur l’éthique de tout ça, sans trop savoir si je devais me sentir enthousiaste ou mal à l’aise, souvent les deux à la fois.

Voilà le problème quand on tente de suivre l’IA en ce moment: il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre, et la percée du mois dernier est déjà une connaissance acquise pour certains, mais restera nouvelle pour la majorité. Dans ces conditions, c’est facile de se sentir dépassé, et le fait que ça bouge vite fait que c’est difficile de garder le fil de ce qu’on a vraiment appris. On passe tellement d’énergie à essayer de suivre qu’on s’arrête rarement pour constater le chemin parcouru, tout ce qu’on a appris et tout ce qu’on a peut-être à partager.

C’est la première raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire. Pas pour avoir des réponses, mais pour garder une trace des questions que je me suis posées. Un endroit pour documenter ce que j’expérimente, ce qui me surprend, ce qui n’est que du bruit et ce qui finit par fonctionner, au moins pour un temps. La route vaut la peine d’être documentée, surtout quand la destination passe son temps à bouger.

La deuxième raison est plus simple: ça fait des années que j’avais l’intention de recommencer à écrire. L’IA m’a donné assez de matière pour enfin arrêter de procrastiner, et en plus, elle a fait le gros du travail.

Il y a trois jours, je ne savais pas ce qu’était Hugo, Claude me l’a recommandé. Je savais que Cloudflare offrait plusieurs services, mais je ne savais pas que je pouvais y héberger un blogue statique, publié par un simple git push. En 40 minutes, j’avais une installation locale et un pipeline pour publier en ligne sur mon propre domaine. Claude a fait l’essentiel du travail, j’ai supervisé et configuré les outils. À un moment, j’ai aussi dû le corriger parce que l’IA, c’est bien, mais ça se perd facilement quand les interfaces changent. Combler l’écart entre ce qu’ils savent, ou savaient, et ce que tu vois à l’écran, c’est encore un frein.

Alors voilà où on en est: moi qui écris sur un outil suggéré par Claude, publié sur un hébergeur suggéré par Claude, avec un pipeline de publication suggéré par Claude, et vous qui lisez un texte écrit par moi à partir d’un brouillon écrit par Claude, basé sur une invite de ma part.

Est-ce que vous allez trouver de la valeur là-dedans, ou dans ce que j’écrirai d’autre? Peut-être, mais je ne peux pas le garantir. Si c’est le cas, like and share comme on dit, ou écrivez-moi si vous voulez jaser. En attendant, restez curieux.